LES ATELIERS MORET à Paris 5ème

Ayant obtenu en novembre le prix de gravure 2014 des ateliers Moret au salon des artistes Orléanais,Marie Alloy se prépare donc à faire aciérer une de ses plaques de cuivre et à participer à un tirage avec toute l’équipe.

Ci-dessous présentation via un article extrait de la revue Matrice. Tous droits leurs sont réservés, texte et photos.

Les Ateliers Moret

Les Ateliers Moret, imprimeur d’estampes en taille-douce, sont situés rue Saint Victor, dans le cinquième arrondissement de Paris.

Historique
« André Moret, ancien ouvrier Taille-doucier des ateliers Robbe et Leblanc crée son propre atelier en 1947. A son décès, survenu en 1967, André Moret laisse un atelier prospère grâce à sa technicité et surtout à l’ambiance conviviale qu’il a su créer entre les artisans qui y travaillent et d’autre part entre les artisans et les graveurs. Son épouse Jeanne reprend la direction puis son fils Daniel qui, avec Didier Manonviller et J-P Boucher crée en 1990, « les Ateliers Moret ». En 1992, les Ateliers Moret se sont adjoint une unité d’aciérage. En mai 2000, J.P Boucher quitte les ateliers pour s’installer en province. »

« L’imprimerie en taille-douce regroupe toutes les techniques de gravure en creux : pointe sèche, burin, manière noire, aquatinte, eau-forte et etc …
Les origines de ce métier sont attribuées aux orfèvres des 13e et 14e siècle qui, pour garder un modèle de leurs travaux, eurent l’idée d’appliquer par pression un papier sur le métal gravé. Les presses suivirent, d’abord en bois, puis en fonte… Aujourd’hui, l’électricité a remplacé la roue, seule évolution notable du métier qui pour l’essentiel est resté identique.
Lorsqu’aux siècles précédents, certains graveurs n’effectuaient que des gravures non originales, leurs imagination n’était pas sollicitée puisqu’ils ne devaient que reproduire, le plus fidèlement possible, des dessins effectués par d’autres. Il en était de même pour leurs imprimeurs qui étaient considérés comme de simples artisans.
Actuellement un graveur qui crée des gravures originales, se hisse au niveau d’un artiste et son imprimeur est également amené à dépasser son métier par ses créations techniques : il devient un artisan d’art. »

« Toujours en accord avec le graveur, le taille-doucier intervient à différents niveaux :

Tout d’abord dans le choix du papier :
selon sa texture, au grain plus ou moins gros, il est choisi en fonction de la finesse de la taille de la gravure et de sa couleur, du blanc au crème, en fonction de l’ambiance de la gravure.

Puis dans le choix de l’encre : selon sa texture, une encre plus grasse donnera plus de velouté, une encre plus sèche accentuera les contrastes ; selonsa couleur, les noirs donnent le meilleur rendu, mais peuvent être nuancés en noirs chauds bistres ou en noirs bleutés suivant l’ambiance désirée par l’artiste.

Puis dans la manière d’essuyer la plaque de métal :
lorsque celle-ci est encrée, elle est ensuite essuyée par la paume de la main de l’imprimeur. Ce paumage de la surface imprimante peut être plus ou moins prononcé à certains endroits de la gravure, de façon à donner inversement plus ou moins de force au trait. Un retroussage peut en outre être employé, il consiste à faire remonter l’encre du fond de la taille vers les bords latéraux par un essuyage léger, souple et précis qui renforcera certaines tailles.

Enfin dans la manière d’aciérer la plaque de cuivre :
il s’agit d’un dépôt d’acier par électrolyse. Ceci a pour avantage de durcir le cuivre imprimant qui permet d’effectuer plusieurs tirages sans user la gravure et d’obtenir des couleurs sans oxydation du cuivre. »

« Nos travaux vont de l’imagerie à l’estampe originale signée et numérotée.
Notre profession souffre actuellement d’une méconnaissance du public pour qui, il est vrai, la distinction des différentes techniques d’impressions reste difficile à saisir. L’impression en taille-douce étant une affaire de gens de métier et de plus une technique trés démonstrative, nous n’hésitons pas à ouvrir la porte de notre atelier aux visiteurs ainsi qu’à participer à de nombreux salons d’art afin de montrer notre travail au public et faire participer les enfants à découvrir le métier et la technique formidable qu’est la gravure. »

J.P. Boucher
Sur les images, Daniel Moret, Didier Manonviller, Thomas Fouque et Daphné.
Les Ateliers Moret – Aciérage Manonviller
8 rue Saint Victor
75005 Paris
01 43 26 51 67
http://lesateliersmoret.free.fr

Qui est Jeanne Champillou ?

Marie Alloy, en ce début novembre 2014, vient de recevoir à Orléans pour ses estampes exposées au Salon des Artistes Orléanais le prix de gravure Jeanne Champillou, il est donc légitime d’évoquer ici le parcours de cette artiste si attentive au monde rural du Loiret afin d’aider à la faire connaître. Une association Le Clos de Joye-Jeanne Champillou se charge de préserver et diffuser son œuvre.

Article extrait de wikipedia:

Jeanne Champillou

Jeanne Champillou est une artiste française autodidacte, peintre, graveur et céramiste, née à Saint-Jean-le-Blanc dans le Loiret, le 4 avril 1897, et morte à Orléans, le 22 mai 1978.

D’une famille de vignerons de l’Orléanais, du côté paternel, et d’artisans menuisiers tourangeaux, du côté maternel, Jeanne Champillou s’intéresse au dessin dès son enfance. Bonne musicienne, elle apprend le piano dans une pension tenue par des religieuses, puis à l’École de musique d’Orléans (l’actuel conservatoire). Ainsi pourra-t-elle vivre de leçons particulières de piano données à son domicile.

En 1916, elle est initiée à la gravure par Kralicek, un artiste d’origine tchèque blessé de guerre et, dans les années suivantes, elle se perfectionne avec un graveur solognot domicilié à Jouy-le-Potier, Maurice Bastide du Lude, qui lui apprend la technique de l’eau-forte dans son atelier au château du Lude en Sologne et met sa presse à sa disposition. Pendant les années 19201930, elle parcourt à bicyclette les campagnes orléanaises, réalisant des portraits de paysans et des scènes de moisson ou de vendange. Elle expose régulièrement à Orléans et gravera, au cours de sa vie, plus de 400 planches.

En 1947, elle se lance dans la céramique, à laquelle elle consacre désormais l’essentiel de son temps. Néanmoins, elle décore également des chapelles ou églises orléanaises (chapelle des Blossières, Notre-Dame-des-Miracles et Saint-Paul). Elle est l’auteur d’une céramique représentant Jeanne d’Arc dans l’église Saint-Étienne de Jargeau.

La plupart des œuvres de Jeanne Champillou sont conservées à Orléans. Certaines, cependant, appartiennent à des musées de Paris, Chartres et Milan.

Sources

  • Jeanne Champillou. L’œuvre gravé. Le Clos de Joye-Jeanne Champillou, s. l. [Orléans], 1994
  • Jeanne-Champillou et son atelier

    Françoise Jouanneaux, « Jeanne Champillou », Parcours du patrimoine, 2012 ( extraits du journal de Jeanne Champillou en ligne, document de témoignage exceptionnel