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Association PAGES

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Les Salons :

Pages en Novembre

24 – 25 – 26 novembre 2017

Palais de la femme
94, rue de Charonne
75011 Paris

Invité d’honneur : Rachid Koraïchi

La main, la feuille, la gravure et le livre – à Luc Dietrich

Depuis de nombreuses années, relisant régulièrement « Emblèmes végétaux », je me dis que, décidément, j’aime ces textes poétiques ! Voilà une voix qui me parle, une façon de dire la nature en écho à la psyché humaine qui ne cesse de m’émouvoir ; quelque chose se produit à leur lecture que je ne peux pas analyser, l’étonnement d’un profond accord, d’une communauté de regards. Les textes de cet ensemble « Emblèmes végétaux » résonnent avec force et finesse face à mes gravures, on les dirait écrits pour elles… Voilà, spontanément, ce que j’ai ressenti de prime abord – ce qui fut le point de départ de ce livre, avec un vrai désir d’accompagner le regard pénétrant de Luc Dietrich.

J’ai lu, relu, puis j’ai gravé, spécialement pour ces pages, ne voulant pas utiliser des gravures plus anciennes qui auraient pu leur correspondre. Sachant que Luc Dietrich avait écrit ces textes à partir de ses propres photos d’arbres, de feuillages, de nature, j’ai différé le besoin d’en prendre connaissance avant la réalisation de mes propres gravures. Car ce qui m’importait, c’était de rendre visible un écho personnel à ces poèmes, de donner à voir ce qu’ils gravaient en moi, l’empreinte qu’ils laissaient ouverte et le chemin de conscience que je pouvais ensuite établir entre ses mots et mes estampes.

Aujourd’hui, devant la photo faite par Luc Dietrich qui accompagne La main et la feuille, je comprends le lien qu’il a pu établir entre la morphologie des doigts d’une main et les diverses divisions du limbe de la feuille comme ici cette feuille – de figuier me semble-t-il (dont le terme scientifique est : à nervation palmée). Les doigts de la main, (de Dietrich ?), vus à contrejour derrière la transparence de la feuille, interrogent les correspondances entre vie humaine et vie végétale, dont celles qui ne sont pas seulement graphiques.

Comme « Tout s’inscrit aux nervures de la feuille », « Tout est gravé dans le creux de la main », c’est pourquoi j’ai choisi de retenir ce titre « La main et la feuille » pour l’ensemble du livre d’artiste, car le lien poétique que réalise Dietrich entre leurs deux réalités, fait de l’analogie visuelle le fruit d’une poétique à dimension philosophique. Si « Tout s’inscrit aux nervures de la feuille », les saisons, le sol, l’air, « l’âge où l’on porte fruit avant de dépérir pour repartir, au cœur d’un autre germe », au creux de la main, on retrouve, gravés « les défaites qui sont tombées sur nous comme la pluie » et « les succès ». Ainsi notre « secret destin », comme celui de la feuille, « est inscrit jusque dans les étoiles ». « Notre main est une étoile de chair » et « cette feuille est une paume céleste ». Toutes deux s’ouvrent à l’espace, à la lumière du dehors, toutes deux auront connu « l’âge où l’on s’élève et se dédouble ». Face à cette multiplication des possibles qui s’engendrent mutuellement, cette main et cette feuille, uniques et semblables, indiquent que rien n’est séparé et que bien des éléments du monde peuvent se retrouver ainsi, unis par le dessin – ou le destin.

J’ai donc travaillé mes gravures en insistant sur l’infinité des nervures végétales, si proches de la peau humaine et même du système lymphatique. J’ai cherché à traduire, grâce à cette « main de ramures *» l’immensité cosmique. La matière obtenue par une constellation d’empreintes végétales, avec la technique du vernis mou et divers tracés à l’eau forte, encrée de noirs et de gris, donne l’impression d’un hors temps, comme une sorte de mise en sommeil du monde, ou son envers mental. L’univers végétal est saisi à partir de l’infiniment petit, il restitue avec finesse la matière la plus frêle, la « saveur *» du fragile (d’infimes fragments et bris de végétaux sont unis en un tissage suggestif) – en résonance poétique avec la prolifération de détails minuscules, comme quelques fines racines noires échevelées ou le fil blanc de radicelles. Parfois se pose un épi de lumière sur le fourmillement secret des grains de l’aquatinte. Dans « Matin sur le lac », « une herbe vivante indique le chemin de la délivrance ».

Cette main d’homme donnée à la feuille, fidèle à la terre et à l’intuition du photographe Luc Dietrich, j’espère lui avoir rendu hommage. En gravant les semences végétales, en imprimant leur éclosion dans l’espace en une myriade d’étoiles jetées dans l’obscur, la feuille et la main se rejoignent, laissant à chaque poème la douceur mystérieuse de leur rencontre…

2017 06 20  Marie Alloy

  • « saveur », terme que l’on retrouve dans les traductions de René Daumal de textes sanskrits sur la poésie (voir Le Contre-Ciel suivi de Les dernières paroles du poète, nrf Poésie/Gallimard). P233 La poésie est une parole dont l’essence est saveur. « La Saveur est l’essence, au sens de la réalité substantielle, c’est-à-dire la vie même de la poésie. »
  • « main de ramures », dans le texte « Jardin à la Française », de Luc Dietrich, dédié à René Daumal

Notes sur la poésie de Luc Dietrich

 Notes sur la poésie de Luc Dietrich

« Je n’ai peut-être jamais écrit que pour m’expliquer devant toi. »

Luc Dietrich à Lanza del Vasto – Le dialogue de l’amitié

« Luc Dietrich (1913-1944 – mort pour la France) n’a publié de son vivant qu’un seul livre de poèmes Terre, en 1936. Le second et dernier, Emblèmes végétaux, achevé en 1943, égaré à sa mort, a demandé de nombreuses années de reconstruction avant sa publication en 1993, à titre posthume aux éditions Le temps qu’il fait, (textes et photographies). Dans ces deux livres, poésie et photographie se soutiennent et se complètent admirablement. » Jean-Daniel Jolly Monge.

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“La main et la feuille”

Dans ce livre d’artiste de bibliophilie, les textes poétiques sont extraits de l’ensemble intitulé “Emblèmes végétaux”, écrit en 1943. Marie Alloy a choisi six poèmes sur les vingt et un présentés dans le livre Poésies, paru en 1996 aux éditions Du Rocher. Le titre « La main et la feuille » est repris de l’un des textes de prose poétique de Luc Dietrich, présent dans cet ouvrage.

Dans les notes de Jean-Daniel Jolly Monge qui accompagnent ce livre Poésies de Luc Dietrich, (collection Alphée, éditions Du Rocher, 1996), il est précisé que Luc Dietrich s’appuie sur son observation du monde végétal pour transposer les sujets spirituels qui le hantent : “J’ai essayé de faire ressortir là tout ce que les plantes nous donnent comme exemples.”

Ces poèmes en prose ont inspiré le travail du graveur, l’élément végétal étant, pour Marie Alloy, un vecteur essentiel de ses explorations picturales et graphiques mais aussi spirituelles. Loin de faire concurrence aux photographies de l’auteur, c’est ici une mise en résonance poétique du texte de Luc Dietrich, toute en subtilités et sobriété. Le regard pénètre dans le mystère infiniment ramifié de quelques feuilles d’arbres ; leurs nervures, en un fin réseau de capillaires évoque l’écriture indéchiffrable du cosmos et le travail solitaire et relié de la main qui dessine, écrit ou grave.

Dans « Mémoire de la terre », Luc Dietrich écrit ceci, qui donne sens aux choix de ce livre : « Parmi tant de peuples d’arbres qui ont fleuri dans la gloire de l’air une seule feuille est demeurée. Saisie par la boue de quelque ancien déluge, pétrifiée dans les profondeurs de la terre… ». Marie Alloy, ici, essaie d’en restituer l’empreinte.

Descriptif : Livre d’artiste des éditions Le Silence qui roule, réalisé par Marie Alloy en avril et mai 2017 en son atelier de St Jean-le-Blanc, près d’Orléans. Il a été tiré à 15 exemplaires. Cette édition de bibliophilie, numérotée et signée par Marie Alloy, comporte 12 gravures originales (eaux-fortes, aquatintes et vernis mou), crées et tirées par l’artiste sur sa presse taille douce. La typographie a été réalisée au plomb par Christian Mameron de l’Atelier R.L.D à La Métairie Bruyère, près de Parly dans l’Yonne. Format total du livre avec l’étui et sa chemise (titre typographié au dos) : L 23 cm, H 26 cm, dos 4 cm. Chaque feuille du livre (vélin BFK de Rives 250 g) est repliée en trois parties ou leporello, parties qui constituent chacune une page. Quelques exemplaires sont augmentés d’une à deux autres estampes (sur 4 exemplaires).  Présentation de l’ouvrage : étui (papier noir ) avec chemise et titre au dos, compris.

Ces proses poétiques de Luc Dietrich sont publiées au Silence qui roule avec l’aimable autorisation d’Emmanuel Dietrich.

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Luc Dietrich

“Bon comme le bon pain, amer comme la vie”

Un article essentiel à lire, sur Esprits nomades (cliquer sur ce lien)

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Biographie de Luc Dietrich (d’après Wikipédia)

Luc Dietrich raconte lui-même son enfance et son adolescence dans un livre publié en 1935, Le Bonheur des tristes. Dans ce livre il parvient à s’extraire d’un certain niveau émotionnel pour transcender le côté pathétique de sa vie. À la mort de son père, il n’était âgé que de quelques années. Sa mère, droguée, intoxiquée, ne peut pas toujours le garder. Elle finit par mourir quand son fils a 18 ans. Entre-temps le jeune romancier est placé dans des hospices pour enfants débiles, ou comme garçon de ferme (notamment à Songeson dans le Jura).

Sa rencontre avec Lanza del Vasto constitue un tournant dans sa vie. Le futur fondateur de la communauté de l’Arche, assis sur un même banc au parc Monceau à Paris, lui demande soudainement : « Êtes-vous bon comme ce pain ? ». Lanza del Vasto passera des heures auprès de Luc Dietrich pour l’aider à rédiger ses livres (notamment L’Apprentissage de la ville) ; mais il refusera d’être cité comme coauteur.

Luc et Lanza partagent tout. La seule chose qui les séparera sera l’appréciation de l’enseignement d’un maître spirituel, G.I. Gurdjieff. Lanza s’en éloignera très vite, mais il avait aussi connu Gandhi ou Vinoba Bhave. Luc rencontre Philippe Lavastine qui travaille chez Denoël, et notamment le poète René Daumal. Il s’ensuivra une abondante correspondance.

Luc Dietrich avait été initié à la photographie par André Papillon. Il avait réalisé et publié un recueil de son vivant : Terre (Denoël). Un autre ouvrage avait semble-t-il disparu, quand Jean-Daniel Jolly-Monge, disciple de Lanza, exhuma et compléta patiemment ce second ouvrage : il fut publié bien après la mort de ces protagonistes par les éditions Le temps qu’il fait, Emblèmes végétaux (1993).

Bouleversé par la mort de Daumal, Luc Dietrich décide de fuir Paris pour rejoindre sur le front un docteur de ses amis, Hubert Benoit, autre élève de Gurdjieff, auprès duquel il semble trouver sa place, habillé d’une blouse blanche, allant d’un blessé à un autre, dispensant des paroles réconfortantes. Pris dans un bombardement, il est touché indirectement au pied, par des pierres. Le mal ne semble pas si grave, mais il est de santé fragile, il a passé des années sans domicile, dans des gares désaffectées ou non, perché dans des arbres. Après avoir été progressivement hémiplégique, gangrené, il est pris à son tour en photo (par René Zuber) sur son lit de mort, trois mois après la mort de René Daumal.

Œuvres

  • Huttes à la lisière, Jean Crès, 1931, réédition éditions éoliennes, 1995
  • Le Bonheur des tristes, Denoël & Steele, 1935; rééditions Le Temps qu’il fait, 1995 et 2016
  • Terre, Denoël & Steele, 1936, réédition Voix d’encre, 2015
  • L’Apprentissage de la ville, Denoël, 1942 ; rééditions Le Temps qu’il fait, 1995 et 2016
  • Le Dialogue de l’Amitié, avec Lanza del Vasto, Éd. Robert Laffont, Marseille 1943, Paris 1992
  • L’Injuste Grandeur, Denoël, 1951
  • L’Injuste Grandeur ou Le Livre des rêves, édition complète, texte établi, annoté et préfacé par Jean-Daniel Jolly Monge, Éditions du Rocher, 1993
  • Emblèmes végétaux, postface par Jean-Daniel Jolly Monge, Le Temps qu’il fait, 1993
  • Poésies, texte préfacé et annoté par Jean-Daniel Jolly Monge, Éd. du Rocher, 1996
  • L’École des conquérants, éditions éoliennes, 1997
  • Demain, c’est le possible suivi de Lettres à René et Véra Daumal, éditions éoliennes, 2011
  • Sapin, ou La Chambre haute, éditions éoliennes, 2014

Sur Luc Dietrich

  • Ouvrage collectif, sous la direction de Frédéric Richaud, Luc Dietrich, Le temps qu’il fait, 1998
  • Frédéric Richaud, Luc Dietrich, Grasset, 2011

Entretien avec Thierry Chauveau, éditeur de L’Herbe qui tremble, par Isabelle Lévesque.

http://www.terreaciel.net

Entretien avec Thierry Chauveau qui dirige les éditions L’herbe qui tremble avec Lydie Prioul, par Isabelle Lévesque, pour le site Terre à Ciel.

Victor Hugo, Bièvre , 1831 :
« […]Et dans ce charmant paysage
Où l’esprit flotte, où l’œil s’enfuit,
Le buisson, l’oiseau de passage,
L’herbe qui tremble et qui reluit […] »

L’herbe qui tremble est le titre d’un roman de l’auteur belge Paul Willems. Le choix du titre de ce livre comme nom pour la maison d’édition révèle son ancrage premier du côté de la poésie belge.

« C’est aussi une graminée qui prend la forme d’une longue tige au bout de laquelle tremble un cœur végétal. Elle apparaît chez les poètes, pas dans les ouvrages de botanique : l’herbe qui tremble chez Hugo, Katherine Mansfield, Emily Dickinson et plus récemment chez Pascal Commère… Paul Willems, il nous a été cher au moment de la création de la maison d’édition, et dit notre premier ancrage du côté de la poésie belge. »

Isabelle Lévesque : Peux-tu me dire comment et pourquoi tu as décidé de créer une maison d’édition ?

Thierry Chauveau : J’avais 6 ans : j’allais à l’école, une école de type Freinet et il y avait un rituel. Chaque matin, il fallait écrire un poème. On fabriquait aussi un journal. Alors tout cela m’est resté et a fait son chemin. J’ai mis quarante ans à me rendre compte que je voulais le faire, pourtant c’était une évidence. En lisant de la poésie, je me sens chez moi. Alors j’ai fondé L’herbe qui tremble avec Lydie Prioul qui continue à s’occuper de la maison avec moi.

I.L. : Pourtant tu n’écris pas (ou plus). Écrire ou ne pas écrire change-t-il quelque chose à l’activité de l’éditeur ?

T.C : Peut-être cela change-t-il l’approche des manuscrits. Je ne me fie qu’à mon intuition et à l’émotion que les poèmes suscitent ou ne suscitent pas. Je ne me place jamais en juge, juste en lecteur qui aime ou n’aime pas. J’ai souvent du mal à justifier et expliquer longuement pourquoi je choisis ou j’écarte. Il m’arrive parfois de ne pas vivre une adhésion immédiate au texte, d’avoir du mal à y entrer parce que la voix est tellement particulière qu’elle me déstabilise. Pour Gérard Bayo, par exemple, il m’a fallu revenir plusieurs fois vers les poèmes, l’entrée dans sa langue faite de ruptures ne s’est pas faite d’emblée. Gérard Bayo est aussi un poète qui m’a ouvert à d’autres voix dissonantes vers lesquelles je ne serais pas forcément allé sans lui.

I.L. : Souhaitez-vous publier et défendre une poésie appartenant à un ou des courants précis ou bien restez-vous ouverts à des formes diverses ?

T.C : Qu’une poésie appartienne à un courant ou non ne m’intéresse absolument pas, je reste ouvert à des formes différentes de poésie et me fie à mon instinct de lecteur. Les querelles de clans me sont étrangères.

  1. : Tu viens d’éditer deux volumes importants de Pierre et Ilse Garnier, poètes déjà bien présents à L’herbe qui tremble. Peux-tu nous expliquer ce choix ? Peux-tu présenter ces deux volumes ? Projettes-tu d’éditer d’autres inédits de Pierre Garnier ou de rééditer des textes devenus introuvables ?

T.C. : J’ai rencontré Ilse et Pierre Garnier en 2006 alors que je travaillais pour une autre maison d’édition, je devais alors publier des poèmes linéaires. Le contact a été immédiatement chaleureux, Pierre s’est montré accueillant, enjoué. La place qu’il accorde à l’enfance qui est à la fois le centre de la vie et de l’univers dans sa poésie m’a immédiatement séduit. J’ai depuis publié plusieurs livres de Pierre et Ilse Garnier, qu’il s’agisse de poèmes linéaires ou spatialistes(1) avant et après 2014, année de sa mort. Les deux livres qui sortent cette année, deux volumes, près de 1000 pages au total, sont centrés sur le Japon. Pierre et Ilse, qui ne sont jamais allés là-bas, ont correspondu pendant une trentaine d’années avec des poètes japonais. L’herbe qui tremble publie dans ces deux volumes des poèmes devenus introuvables et d’autres qui ont été publiés au Japon seulement, beaucoup d’inédits. Tout l’appareil critique a été réalisé par Marianne Simon-Oikawa, qui enseigne à l’université de Tokyo, une amie de Violette Garnier, la fille d’Ilse et Pierre qui accompagne les publications. Avec Violette aussi nous préparons la publication de la correspondance entre Pierre et le peintre de l’ex RDA Carlfriedrich Claus. Violette rassemble toutes les lettres et cette publication sera accompagnée de la reproduction de plusieurs travaux d’Ilse et Pierre Garnier et de Carlfriedrich Claus. Cette publication interviendra fin 2017, début 2018. L’herbe qui tremble a aussi le projet de publier un livre sur les oiseaux en réunissant tout ce qui a été publié sur ce thème, notamment dans la revue Le Journal des oiseaux.

I.L. :L’herbe qui tremble propose-t-elle plusieurs collections ?

T.C. : Nous ne proposons qu’une seule collection, elle est parfois accompagnée de peintures, parfois non.

I.L. : Peux-tu nous expliquer ce choix d’accompagner parfois les poèmes de reproductions de peintures ?

T.C. : Lorsque nous le pouvons, les poèmes sont accompagnés de peintures. Dans ce cas, l’une d’elles figure en couverture. Le poète et le peintre se sont souvent choisis mais nous pouvons aussi intervenir dans ce choix, cela dépend des projets. Pour des raisons financières, nous ne pouvons pas toujours publier conjointement des poèmes et des peintures. Nous adaptons alors la présentation du livre : le papier est le même et le motif des couvertures est identique, une autre “herbe qui tremble” dessinée par le peintre René Moreu, qui a amicalement créé le sigle, seule la couleur change d’un livre à l’autre.

I.L. :L’herbe qui tremble a-t-elle des peintres de prédilection pour ses livres ?

T.C.  : Jusqu’alors nous avons beaucoup travaillé avec les peintres Alain Dulac, Marie Alloy, Anne Slacik et Christian Gardair. Mais d’autres peintres ont aussi accompagné les livres.

I.L. : Combien de manuscrits recevez-vous par mois (ou par an) ? Vous arrive-t-il de publier des manuscrits arrivés par la poste ?

T.C. : Nous recevons en moyenne un manuscrit par jour et oui, nous publions des manuscrits reçus par la poste : Gérard Bayo, Florence Valéro par exemple…

I.L. : Combien d’ouvrages publiez-vous par an ?

T.C. : En 2016 nous avons publié 12 livres, 14 sont prévus en 2017.

I.L. : Participez-vous ou organisez-vous des événements pour faire connaître les livres que vous publiez ?

T.C. : Nous organisons régulièrement des lectures : à la librairie La Lucarne des écrivains dans le XIXème à Paris, à La Halle Saint-Pierre et, depuis plusieurs années, au printemps, sur la péniche Daphné, tout près de Notre Dame de Paris.

I.L. : Avez-vous des projets particuliers ?

T.C.  : Nous venons de publier le livre de Marie Alloy qui nous offre dans Cette lumière qui peint le monde son regard sur plusieurs peintres, le livre de poèmes de Jean-Luc Despax, Rousseau dort tranquille. En avril paraîtront trois livres : Pierre Dhainaut, Un art des passages, Laurent Albarracin Broussailles et Isabelle Lévesque Voltige !
Une rencontre aura lieu samedi 20 mai sur la péniche Daphné, quai Montebello à Paris, elle réunira plusieurs des poètes publiés récemment et nous serons présents au Marché de la Poésie, place Saint Sulpice, du 8 au 12 juin 2017.
Et puis L’herbe qui tremble va bientôt s’associer à Thierry Horguelin pour créer une nouvelle collection dont il assumera les choix, parallèlement donc à ce qui est fait actuellement…

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