à travers les branches nues, Tarjei Vesaas

Novembre – décembre 2016

“A travers les branches nues”

Un nouveau livre d’artiste de Marie Alloy, sur un poème de Tarjei Vesaas, extrait de Lisières du givre, réalisé à 15 exemplaires, tous manuscrits par Marie Alloy, chaque exemple étant différent dans son interprétation graphique et calligraphique. Ces livres sont accompagnés de six gravures originales de Marie Alloy, eaux fortes, burin et aquatinte plus une en couverture avec passage sur le dos et le recto du livre. Couverture typographiée (atelier Vincent Auger, Paris). L’ensemble est réalisé sur BFK de rives pour la couverture et papier Hanemülhe pour toutes les pages intérieures.

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Format vertical. Hauteur :  32.5 cm     Largeur : 26 cm

dsc01746-copie frontispice sur quelques exemplaires

 

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Un autre regard sur THANKS, poème de Jean Pierre Vidal

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Un autre regard sur “THANKS”, une autre version (unique),

pour Jean Pierre Vidal

« Consentir aux ténèbres »

La nécessité m’est apparue de réaliser une interprétation différente de “THANKS”, en complétant celle réalisée en 2010, accompagnée de neuf gravures – un peu comme s’il lui manquait une liberté gestuelle pour plus de vie et de mystère. Une alternance de rythmes s’est imposée, conçue comme une lutte entre le clair et l’obscur, entre les aquarelles et les gravures mises en regard avec chaque temps du poème.

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Le livre dévoile et protège en même temps son secret. Il donne à ressentir les mouvements et les instants d’une relation d’amour filtrés par l’épure du poème. Un vers m’a guidée : « Lumière se peint sur la matière des ténèbres ». C’est pourquoi la délicatesse exigeante de l’écriture se trouve au cœur des masses sombres de l’aquarelle. La peinture sombre éclaire, par contraste, l’ordonnance qui va s’apaisant, du poème, « rendant tous nos gestes à la nuit ».

Ce qui est peint de manière gestuelle et abstraite, avec des valeurs de gris allant jusqu’au noir, ne s’oppose pas aux figures féminines gravées, à leur posture de douceur. Il y a là une complémentarité active, permettant une circulation des regards entre les mots, leur sens, les images estampées, et les déclinaisons du noir et du blanc. Un lieu se crée dans le livre, une réciprocité d’influences qui fait rayonner, résonner, et aussi trembler le poème, pris entre des vagues obscures et des moments de pure plénitude.

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Le passage des aquarelles aux gravures rehausse le poème. C’est un épanchement du clair vers l’ombre ou l’inverse, une respiration alternée. Un mouvement imprévisible se dégage alors du livre, ajoute au poème la réalité sensible et concrète des corps, celui de la jeune fille comme ceux des fruits qui « luisent d’une douceur surnaturelle ».

La lumière du livre se mesure à l’obscur, sa force à la légèreté, conquise comme par degrés successifs, jusqu’à l’issue du poème qui est tout amour, et qui remercie. C’est un poème de nudité spirituelle et de « profusion charnelle », une source de lumière née de nos « vies obscures ». Il s’agit toujours de « consentir aux ténèbres » pour atteindre « l’amande de la lumière une ».

Les lavis tentent de répondre à cet appel de l’obscur, pour faire sourdre la « lumière extrême » depuis cette musique de chambre où l’amour oscille parfois entre « bienveillance » et même, une part de « cruauté ».

Ainsi « THANKS » se charge d’un autre rayonnement qui complète la suggestion figurative des gravures et gagne en lumière, je l’espère.

Marie Alloy, novembre 2016

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Vient de paraître : Noués Dénoués, poème de Françoise Hàn

Poème inédit de Françoise Hàn, accompagné de gravures originales, eaux fortes et aquatintes et d’aquarelles originales de Marie Alloy.

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DESCRIPTIF : Format horizontal. Dimensions : Couverture fermée : Longueur : 38,5 cm, largeur : 20,3 cm, hauteur (dos) : 2 cm. Couverture déployée (y compris avec rabats de chacun 21 cm) : 121 cm. Pages intérieures repliées : longueur : 38 cm, plus rabats : 19 cm chaque, largeur : 19,5 cm. Pages intérieures développées : 76 cm. Nombre de feuilles à l’intérieur du livre : 9.  Sept feuilles avec rabats ou volets, comportant des aquarelles originales à l’extérieur et, à l’intérieur, 6 gravures centrées entre deux poèmes typographiés, pour chaque page. 8 aquarelles originales en tout, dont une en couverture. Deux gaufrages, dont un en couverture aquarellé et un autre vierge en page de faux titre. Au colophon : Poème inédit de Françoise Hàn, accompagné de six eaux fortes et aquatintes originales de Marie Alloy, tirées sur papier pur chiffon du Moulin du Gué, 270 g. Les pages de ce livre sont parcourues de peintures originales de Marie Alloy. Cette édition a été tirée à 25 exemplaires dont 5HC, numérotés et signés par l’auteur et l’artiste. Typographie composée au plomb et imprimée par l’atelier Vincent Auger à Paris. Achevé d’imprimer en juin 2016, pour Le Silence qui roule. Parution novembre 2016.

Prix public de lancement au 25 novembre 2016 : 850 €

*

pour Françoise Hàn

Une lecture du poème

NOUÉS

              DÉNOUÉS

L’axe horizontal du temps fait entendre sa résonance verticale scandée en jours, heures ou instants, selon la manière de les ressentir ou les décompter – mais toujours à la fois séparés et reliés. Continuité et discontinuité, musique sérielle, souvent répétitive.

L’espace de nos vies en reçoit la vibration comme celle de la corde tendue d’un instrument dont la clé serait cachée. Cette corde maintient les mouvements du poème en suspens, dans l’ouvert d’une lumière qui proviendrait d’une trouée du temps. Nous en recevons l’ombre qui nous dénoue dans sa transparence.

C’est un peu ainsi que j’ai reçu ce poème comme celui d’un trajet de vie faite de tensions, de questionnements, de beauté pulvérisée, puis de libération dans le dénouement et l’effacement. Avec une possible survie du poème, par ses mots soulevés, préservés – ou emportés comme hors du temps, plus loin que nous.

Le pourquoi et le comment des gravures et aquarelles de ce livre.

L’interprétation des gravures s’est imposée sur cette forme horizontale qui aligne des traits verticaux successifs (dessin au vernis mou) sur un fond d’aquatinte, propice à la traduction d’une matière mentale, quasi cosmique, livrant un peu d’infini ou quelques points d’étoiles au vide. Les tracés sont ainsi ceux d’un sismographe intérieur qui graverait les accords de deux musiques (poème et estampes) où lignes de fuite et horizon participeraient des métamorphoses fugitives d’un clavier du temps. L’instant fragile devient passerelle.

Le poème s’inscrit à gauche et à droite de chaque estampe. Celle-ci n’est visible que si l’on ouvre les deux portes de la page (chaque feuille est repliée en deux volets). Le poème et la gravure sont imprimés en noir sur blanc, avec des valeurs de gris pour l’estampe, ce qui préserve ainsi une sobriété et une gravité nécessaires.

Et tandis que le poème accordé (en cordée) à la gravure, reste dans l’abri intime de la page, l’espace du dehors naît à la couleur. A l’extérieur donc, des aquarelles ponctuent d’une autre manière l’apport du poème et des estampes, qui résonnent l’un en regard de l’autre, comme avec un diapason. En ajoutant à la blancheur du papier une écriture gestuelle teintée d’ocre rouge, (presque une calligraphie), la transparence unie à la chaleur colorée de l’aquarelle vient donner vie au livre et redoubler les échos entre poème et gravure, pour les donner à entendre sur un autre registre. Ainsi se nouent et se dénouent les temps du regard et de la lecture. Quelques gaufrages de corde animent la couverture et la page de faux titre « pour tendre ou détendre / les instants d’un jour que nous / faisons nôtre avec âme et passion ».

Marie Alloy, octobre 2016.

 
 
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Article sur les livres de Marie Alloy, Arts et Métiers du livre n°315

Article sur les livres de Marie Alloy, Arts et Métiers du livre n°315, Juillet-Août 2016

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Dix pages sur les éditions Le Silence qui roule, des photographies d’une sélection de livres d’artiste de Marie Alloy et un interview sur son travail en regard de la voix de poètes.

Le contenu de l’article sera lisible sur ce site dès fin septembre sous forme de PDF.

Merci à tous les amateurs !

 

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Le fil de l’oubli, par Pierre Lecoeur

Extrait d’une note de lecture par Pierre Lecoeur, à paraître dans la Revue EUROPE (droits réservés)

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Françoise ASCAL : Noir-racine précédé de Le Fil de l’oubli, monotypes de Marie Alloy (éditions Al Manar, Alain Gorius, 15 €).

       ” Le Fil de l’oubli, poème narratif en prose publié dans une première version aux éditions Calligrammes, explore une mémoire familiale hantée par le deuil impossible et l’omniprésence des morts. Les cinq sections du récit s’attachent à restituer la destinée et la vie intérieure d’un homme, Joseph, le grand-père, mort dans un hôpital de campagne en 1915, de son épouse, Élise, de ses deux enfants, Marthe et Gabriel, et de sa petite-fille, non nommée car elle est celle qui dit « je ». Celle-ci tente, au-delà de ses propres souvenirs et de ce qu’elle sait par ouïe-dire, de restituer la présence de ces êtres humbles, de porter leur drame à la lumière, pour mieux en révéler l’opacité, et la dimension tragique. Elle y parvient si bien que le lecteur a, à maintes reprises, le sentiment de voir prendre forme sous ses yeux sa propre histoire, collective mais également personnelle, intime, tant les expériences relatées s’inscrivent sur fond d’universel – non pas l’universel de la généralité mais d’une singularité qui paradoxalement est toujours la même. Chaque section du poème est consacrée à l’un des membres de la famille ; chacune est introduite par une carte postale écrite par Joseph à ses proches peu avant sa mort. Ce rappel d’un drame fondateur est emblématique de la démarche de l’écrivain,  dont le discours est hanté par l’origine.  Ces missives, retrouvées par la narratrice, ne contiennent que de pauvres paroles, celle d’un homme du peuple qui souffre et ne songe pas à se plaindre, et si elles disent autre chose que les linéaments du quotidien le plus banal (les symptômes du malade, les travaux des champs dont il est exclu…), c’est en creux, comme il apparaît de manière saisissante dans le dernier courrier, alors que Joseph se sait condamné. Quatre initiales  inscrites avant la signature révèlent sans le dire tout ce qui l’attache à son épouse, et que sa pudeur refuse de livrer au grand jour. Ce cryptogramme émouvant renvoie, plus essentiellement, au secret de l’écriture, secret qui fascine Gabriel, quand, enfant, il observe sa sœur Marthe répondre aux cartes de leur père. Toutefois, au pouvoir de l’écriture s’associe comme une ombre la conscience de son insuffisance. (Suite article à paraître)

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        L’exigence et la modestie qui président à la quête poétique de Françoise Ascal sont les valeurs autour desquelles Marie Alloy, auteur de nombreux livres d’artiste (avec Guillevic, Dhainaut, Emaz…), construit son œuvre peint, gravé et, plus rarement, écrit. Dans l’esprit d’un Sima, Marie Alloy explore des confins où la matière parvient à une forme d’essentialisation. On reconnaît cette recherche dans les monotypes qui accompagnent les mots de Françoise Ascal. Si le travail de l’encre peut suggérer des réalités concrètes, végétales notamment, le jeu sur la réserve, sur le rythme qui organise une matière brossée, ponctuée de jours, parsemée de traces et de griffures, ouvre à même les deux dimensions de la feuille l’espace du temps, de la mémoire ou des signes qui se superposent au monde pour le révéler. Ce milieu indécis et suggestif répond dans sa tonalité au chant étrange qui ouvre et ferme Le Fil de l’oubli :

                                                Entendez-vous parfois le bruit d’une faux ?

                                               Une vibration dans l’air,

                                               un bruissement de graminées qui chutent

                                              Est-ce l’aube ?

                                              Est-ce le crépuscule ?”

© Pierre LECŒUR

DSC03076monotype, Marie Alloy

 

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Un mémoire de recherche sur le livre d’artiste

Ci-dessous, un lien très intéressant, sur le mémoire de Mme Sonja Graimrey, écrit en 2012 et déposé à la Bibliothèque Kandinsky de Paris. Il collecte de nombreuses informations et analyses comparatives à l’usage des bibliothèques et médiathèques, mais aussi des artistes du livre. Ce mémoire aborde également les diverses classifications du Livre d’artiste et leur fonctionnement actuel dans l’espace public.

Copyright Mme Sonja Graimrey. Merci de respecter les droits d’auteur.

Cliquer sur le lien ci-dessous.

Un mémoire sur le livre d’artiste

Patrimoine et création acquisition, signalement et valorisation des livres d’artistes en bibliothèque. Réference du fichier : THESNUM29
Auteur(s) de l’édition : Graimprey Sonja, Palluault Florent
Sujet(s) : Collection. Collection. Collection. Collection. Livre d’artiste. Collection. Livre illustré. Bibliothéconomie. Conservation
Mention d’édition : Villeurbanne : ENSSIB, 2012

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Françoise Ascal et Marie Alloy, chez AL MANAR

Aux éditions AL MANAR, d’Alain Gorius :

Noir-racine précédé de Le fil de l’oubli, de Françoise ASCAL

Aquarelles et monotypes de Marie Alloy

Françoise Ascal est poète et écrivain. Elle a souvent travaillé avec des peintres, et donné de nombreuses lectures accompagnées de musiciens. À travers différentes formes (poèmes, récits, notes de journal, livres d’artistes) ses textes interrogent la matière autobiographique, explorent la mémoire et ses failles, croisent l’intime et le collectif.

Un tirage de tête à vingt exemplaires numérotés et signés accompagne cette édition. Il est enrichi de nombreuses peintures originales de Marie Alloy:

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Photos prises dans l’atelier, les états du travail:

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Des reliures personnalisées

Une nouvelle idée a pris corps, dans un beau travail d’équipe en duo : présenter les livres d’artiste des éditions Le Silence qui roule dans des étuis avec chemise ou dans des boîtes de conservation, en utilisant des papiers peints par Marie Alloy. Leur réalisation est finalisée par Nathalie Peauger, relieur de L’écrin des écrits, à Orléans. Chaque papier est différent, donc chaque étui avec chemise est différent, interprété selon l’esprit du livre et sa couleur dominante. c’est une forme de reliure de création qui permet de donner une personnalité individualisée à chaque livre.

DSC04429 DSC04414DSC04423 Une main dans la neige, Françoise Hàn

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Le jardin aux trois secrets, de Jean Pierre Vidal

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