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DEUX EXTRAITS :
Nous irons où la crue chaque année mène ses vases et laisse éventées les eaux immobiles. La Loire, cette couleuvre à qui la lenteur profite a porté sa douceur loin dans les sables. La tiédeur et l’ennui favorisent ses avances. Elle dénoue au pied des saules ses nœuds de silex et de dunes anciennes, l’emphase des terres à blé. Ce qui va avec elle emportant la pente n’attend rien des œuvres pérennes que tolèrent ses rives, ni du ciel argenté qui la franchit, lui laissant fonds et clartés.
Ce n’est plus le chemin / Même si sous les doigts des saules / La veine d’eau vive désaltère encore la nuit / D’autres ont parlé sont morts / De hauts arbres de fer saignent sur le ciel
Voulant y perdre pied enfants / Nous accrochions aux mots le monde par les choses / Porte de bois massif jouets galets de rivière / Le lavoir et la route miroitante d’étoiles
Ce n’est plus le chemin / Peindre a refermé le ciel sur la friche des ronces / La crue qui sans répit lave et salit la terre emporte les vivants
Ici un texte inédit de Marie Alloy pour accompagner le fleuve et les poèmes d’Emmanuel Damon : GRAVURE ET FLUIDITÉ




