Marie Alloy

Bandeau : Le poème ci-dessus est extrait de Gravier du songe, de Jean Pierre Vidal, paru au Silence qui roule en 2012 – Copyright Jean Pierre VIDAL

DSC05813 Photo Jean Pierre Vidal

Marie ALLOY

Née en 1951 dans le Pas-de-Calais, Marie Alloy a vécu ses années de jeunesse dans le bassin minier du nord de la France. Elle a accompli sa formation artistique de l’école des Beaux-Arts de Lille à celle de Marseille puis à l’université d’Aix-en-Provence, Paris St Charles et Sorbonne, ce qui lui a permis d’enseigner les arts plastiques comme professeur agrégé.

Dès son plus jeune âge, Marie Alloy a lu de la poésie (à commencer par Marceline Desbordes-Valmore à Douai, ville de sa famille paternelle), regardé la peinture surtout flamande (Van Eyck, Rubens…) et fait de la peinture. Elle aime particulièrement Rembrandt, Hercules Seghers, Ruisdael, Poussin, Morandi, Corot, Le Nain, Cézanne, Braque, Sima, Wols, Zack, Music, Tobey, Vieira da Silva, Manessier…, peintres qui sont aussi graveurs, et plus récemment, Marie Alloy se tourne vers les peintres italiens, Simone Martini, Giotto, Piero della Francesca, Bellini, Tintoret, Véronèse…

Marie Alloy aime lire les écrits des peintres comme Delacroix, Rouault, Bissière,…etc. Elle-même écrit assez régulièrement des notes dans son atelier pour affiner sa pensée de la peinture.

Elle a participé à de nombreuses expositions personnelles en peinture et collectives autour de la poésie, de l’estampe et du livre d’artiste. Elle a créé les éditions Le Silence qui roule en 1993. A ce jour elle a édité plus d’une trentaine d’ouvrages de bibliophilie contemporaine.

Depuis 1990, Marie Alloy a développé une pratique poétique de la peinture en lien avec la nature, arbres, paysages de campagne, herbes sauvages, visages et corps humains. Mais il s’agit surtout de peindre avec l’empreinte intérieure du vécu plus que l’observation directe. Sa thématique dominante est liée à la terre, les étangs, branches, ronces, dont elle tire ses paysages presque abstraits. Plus récemment cette recherche s’approfondit vers une quête de lumière, explorant les potentialités communes de la gravure, de la peinture, du dessin et même de la photographie.

Accorder le proche et le lointain, la vibration de la matière et la profondeur, la transparence et la densité, la finesse du détail et la force de la présence, pour atteindre, par-delà les couleurs, une qualité de lumière et de vision qui invite à une traversée des apparences, tout en restant intimement liée au réel. La réalité est inscrite dans notre mémoire comme un humus, un réservoir de formes gravées dont il s’agit toujours de restituer l’empreinte.

Sur la toile ou sur le cuivre, passent des forces souterraines, des incendies intérieurs, des forêts de secrets, des reflets de ciel, de boue, d’éclats de neige, des champs emportant feuillages et terres dans le lit d’un fleuve d’ombres, de racines et de poussières. Comment traduire ces instants presque insaisissables : la transparence grise d’un étang, le sang du soleil couchant, les cristaux de gel sur les rives de la Loire, le vert des lichens, le noir des ronces ? Lorsqu’ils cherchent à prendre vie dans notre regard et notre cœur, ils s’offrent comme des invitations à la contemplation.