Emmanuelle Grandjean

Née en 1970, Emmanuelle Grandjean a passé toute son enfance et adolescence dans le Haut-Jura, dans ces paysages qui l’inspirent poétiquement. Après des études à Sciences Po Strasbourg, et en lettres, elle est devenue enseignante, et ce dans plusieurs régions, dont La Réunion. Elle vit actuellement à Dunkerque, où elle enseigne.

Elle a publié un premier recueil , « Les Terres sans sommeil »  aux éditions Corlevour, proche de cette poésie -paysage qu’elle affectionne. À travers les poèmes, se dévoilent des paysages familiers telles que les combes du Haut-Jura ou les côtes de la Bretagne, paysages de l’intime transfigurés par les pensées, les émotions qui les imprègnent. Toute une réflexion sur l’existence se dessine, ces terres sans sommeil permettant à la fois un parcours mémoriel, mais aussi une expérience presque mystique.

            Richard Blin, dans  Le Matricule des Anges de mars 2024,  exprimait ce qu’avait provoqué en lui la lecture du recueil : « En poésie, ressentir cet émoi un peu désorientant qui signe l’éclosion d’une voix nouvelle, est rare. C’est pourtant ce qui se passe à la lecture du premier recueil d’Emmanuelle Grandjean ». Il parle d’une parole poétique devenant «  voyage initiatique, aventure tactile », parmi ces terres « hantées de folles espérances et de fièvres belles comme le dynamisme du primordial ». Et d’ajouter, « Dans sa tension ou ses ralentis, le poème prête ainsi aux réalités géographiques des accointances, des formes, pour ne pas dire une physionomie, où peuvent se rejouer des expériences fondatrices. »

            Ces paysages à la fois réels et symboliques se retrouvent dans « Chemins de cendres ». Ici, toutefois, il n’est plus question d’une quête personnelle, mais d’un cheminement mystérieux de personnes désignées seulement par ce mot : « elles ». Elles prennent la parole, avancent obscurément, et le seul objet de leur quête est de recueillir les cendres. Cendres de la mémoire, de l’histoire ? Cendres de la parole poétique qui se répand et puis s’élève pour atteindre le coeur des hommes ?

            Les poèmes de « Chemins de cendres » sont nés à partir de voix intérieures que la poète n’a pas cherché à expliquer ou à comprendre, seulement à écouter, à recueillir. Ce dialogue constant entre un  « elles » et un  « nous » évoque une avancée, une quête, et permet à la parole poétique de se déployer, de dessiner ainsi un véritable trajet. La destination n’a que peu d’importance, seul compte le chemin qu’empruntent ces voix unies, solidaires, et par là-mêmes puissantes.

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