Arachné, d’ALAIN ROUSSEL

Vient de paraître dans la collection Les Cahiers du Loup bleu, dirigée par Jacques Goorma, Arachné d’Alain Roussel, texte commencé en 1979, puis remisé, oublié, et enfin retrouvé et retravaillé cette année pour cette édition – un texte qui a gardé toute sa force amoureuse et savoureuse, qui marie en un tourbillon de sensations l’amour charnel et l’amour des mots, quitte à se laisser piéger dans leurs fils comme dans une toile d’araignée.

J’ai eu le plaisir d’en accompagner le verso de la couverture par le dessin aquarellé d’un Loup bleu, comme pour les autres artistes qui accompagnent cette belle collection.

Quelques photos et le bon de commande ici 

Merci aux futurs lecteurs !

“… on peut dire ce qu’on veut, parler est toujours à côté de la plaque, avec tous ces mots qui font semblant de tirer à boulets rouges sur la réalité banale mais qui se laissent prendre au piège, même en retrait, de la volière des livres où s’agitent fébrilement, sur les perchoirs à succès disposés à différentes hauteurs, les perroquets bavards de l’époque…”
“… comme cette toile où l’araignée me guette et où ma parole s’empêtre, j’avance à tâtons avec les mots, trébuchant, me débattant, faisant vibrer malgré moi, à chaque mouvement, le fil de la phrase en une musique étrange, en un chant nostalgique et rauque, saccadé, et je dérape à chaque virgule…”

 …”je t’aime à détruire tous les livres, toute cette poussière qu’affectionnent tout particulièrement les insectes et certains animaux arthropodes caractérisés par un pédoncule qui relie la tête à l’abdomen, des chélicères inoculateurs de venin,  des filières ventrales, argyronète, épeire, lycose, mygale, tarentule, thomise plus connue sous le nom d’araignée vagabonde à marche oblique comme ce texte qui lui aussi, à la fin, ne tend plus que des fils isolés, sans faire de toile.”  © Alain Roussel et Les Lieux Dits Editions

 

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CIEL DE PIERRE lu par ALAIN ROUSSEL

Une lecture d’Alain Roussel parmi d’autres de livres d’amis poètes et artistes, “Quatre chemins de poésie”, à retrouver sur le site de Pierre Campion

“à la littérature”

Mes remerciements à l’attention d’Alain Roussel et Pierre Campion pour cet accueil ! Lien ici 

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“Sous le signe du silence”, une présentation par CHRISTOPHE MAHY

Vient de paraître le n° 76 de la revue MAUGIS,                                                              La revue des Amis de l’Ardenne.

Avec mes plus vifs remerciements à Christophe Mahy et à la Revue des Amis de l’Ardenne qui accueille cette présentation avec une belle mise en page.

Dans cette revue, p 103-104-105,  Christophe Mahy me fait l’honneur d’une belle présentation de ma démarche de peintre, graveur, poète et éditrice. Il y mentionne aussi sa lecture de quelques uns de mes poèmes dont les derniers édités en juin 2022 aux éditions les Lieux-Dits  sous le titre “Ciel de pierre”.

De Christophe Mahy vous trouverez aussi dans cette revue 4 pages intitulées LE HAUT PAYS où il évoque les plateaux désolés de la Haute Ardenne avec cette précision poétique qui ne sépare pas le regard des pas du marcheur.

Extrait de sa présentation “Sous le signe du silence” :

[…] ”

Le silence, Marie Alloy en a presque fait un sacerdoce. Sa maison d’édition, à la vitalité exemplaire, se nomme d’ailleurs Le Silence qui roule et il y a peu de chances pour que le hasard, qui comme chacun sait n’existe pas, y soit pour quoi que ce soit. Qu’elle écrive ou qu’elle peigne, c’est à cette source unique aux possibilités inouïes qu’elle fait confiance, et à elle seule. Face à la page comme face à la toile, le regard net du vide, plein de promesses. Et puis, dans l’oubli de soi, comme un élan de solitude fraternelle avec le monde, les mots se révèlent et le poème prend corps avec patience, délivré de toute attente. Dans la lumière changeante du matin, la poésie s’enracine sur la page avec la modestie des miracles ordinaires.

Les lecteurs de la présente revue, qui possèdent quelque mémoire et quelque attention, pourront se reporter à la livraison n°74 dans laquelle l’art poétique de Marie Alloy s’était dévoilé sous la forme d’un long poème inédit intitulé Rumeurs, dont voici les deux premières strophes :

froides nébuleuses                                                                                                                              pourtant le ciel blond  pourtant les bourgeons                                                                                  dans la blancheur naissante  la perfection de l’air                                                                          les livres inachevés sortis de leur réserve                                                                                          (nous les entendons se parler)

Les yeux sont entrés dans le bleu                                                                                                     les fines ramures ont perdu leurs traits noirs                                                                            chaque ligne est une lettre qui forme un mot                                                                                  une phrase de ciel entre les branches

Marie Alloy écrit comme elle peint et peint comme elle écrit, en puisant dans l’eau du silence de quoi étancher sa soif de poésie et de vie. De cette longue pratique, elle retire de quoi se consoler des misères de l’existence et de la brutalité du quotidien. Au point, dans son dernier ouvrage, Ciel de pierre, paru aux éditions Les lieux-Dits, d’engager un dialogue époustouflant de sincérité avec la mort, l’absence et la séparation, sans jamais rien qui pèse ou qui pose. La douleur est ainsi ensevelie dans un silence qui résout toutes choses, un silence au-delà de la vie, aux frontières indicibles de la poésie.

Ici, nous touchons au plus sensible, au plus profond. À l’essentiel de l’expérience humaine. Il est question en effet d’un témoignage, exceptionnel sur le fond et la forme, sur la séparation et l’absence, rien de moins. Certes, beaucoup de poètes ont évoqué, évoquent et évoqueront toujours ces thèmes, si indissociables de notre condition qu’ils ont acquis de facto une valeur universelle. Mais rares sont celles et ceux qui peuvent prétendre à une telle justesse d’expression et une telle sincérité.

L’exercice est par nature périlleux, selon qu’on l’aborde comme tel ou si, comme Marie Alloy, on est capable de s’arrêter, juste avant ou juste après l’émotion. De lui faire face, avant d’écrire à la faveur de cette brèche intérieure. Les mots que ce recueil met au jour sont choisis avec un soin extrême, pesés à l’aune d’un esprit qui parvient à s’ouvrir à l’acceptation du deuil et à entreprendre un dialogue avec l’absence. Ainsi chaque poème est une étape dans une progression apaisée vers une lumière, qualifiée de fraternelle. Nous sommes entraînés, de page en page, dans un parcours intime et profondément participatif. Oui, il s’agit bien d’habiter l’absence, de laisser reposer la ténèbre et de rendre poétiquement compte d’une expérience intime et déchirante. […]”

© Christophe Mahy

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Deux livres de création réalisés avec et par BRIGITTE MASQUELIER

Brigitte Masquelier  est une artiste polyvalente dont l’oeuvre d’une grande richesse vient toujours nous surprendre et nous donner à rêver. Son site : http://www.brigittemasquelier.be/

L’occasion m’a été donnée de répondre à sa demande d’un ou deux textes faisant écho à la fermeture des usines textiles du nord de la France ou de la Belgique. Sensible à cette proposition je lui ai envoyé deux poèmes “Ouvrières” et “L’avant-dernier jour”.

Voici ce que Brigitte Masquelier en a fait, deux livres étonnants par le choix de leurs matériaux, leur diversité et unité chromatique, leur mise en page. Ces deux magnifiques livres de création ont été conçus et réalisés par Brigitte Masquelier à partir de cartes perforées ayant servi à la fabrication de tissus jacquard, cartes récupérées à l’Usine textile Vanoutryve de Mouscron en Belgique qui a fermé ses portes en 2016 (cartes , fils et fragments de cartons peints). Les deux textes que j’ai proposés à Brigitte, “Ouvrières” et “L’avant-dernier jour” évoquent le travail des ouvrières du textile et la fermeture des usines et aussi la condition féminine.

   

Ces livres sont uniques et faits mains par Brigitte Masquelier. Edités en 2 exemplaires (pour les artistes), imprimés sur BFK  de Rives signés par eux-mêmes au colophon, ils sont réunis tous deux dans un emboitage.
La présentation singulière des poèmes au coeur de ces papiers et matières qui ont été travaillés par l’histoire et les mains ouvrières (dont celles de Brigitte), leur redonne une seconde vie. De plus il y a des pages très colorées avec des patrons de motifs qui nous reportent comme au temps de la lainière de Roubaix ou bien d’autres industries des “Hauts de France”. Grande leçon de créativité qui donne un sens au recyclage artistique.
   
     
Vidéo faite par Brigitte Masquelier à retrouver aussi sur : https://www.facebook.com/marie.alloy.9

 

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L’EMPREINTE DES SAISONS, une lecture de Jean-Louis Bernard

Dans le dernier numéro de la Revue Diérèse n°84, été 2022, p 244, 245, 246, Jean-Louis Bernard me fait l’honneur d’une lecture sensible de mon livre-catalogue L’EMPREINTE DES SAISONS,  édité à l’occasion de mon exposition de septembre 2021 à l’église St Etienne de Beaugency. Belle note assurément qui révèle une compréhension poétique de ma démarche d’artiste. Qu’il en soit ici vivement remercié !

Livre à retrouver dans mon catalogue en ligne sur ce site des éditions.

Liens Babelio 

EXTRAIT :

[…] Marie Alloy ne peint pas le visible, ne (de)montre rien, mais donne à voir tout ce qui fait que le monde peut être vu. Elle expose ainsi la visibilité elle-même, qui constitue la communauté des regards. Tableaux qui ancrent l’esprit dans le sensible, en évitant d’asservir le regard à un quelconque point de fuite. Ce regard devient alors seule mesure du temps (sens du lieu égale sens du temps). (Peut-être Marie Alloy, à l’instar de Joë Bousquet pourrait-elle être considérée comme une poète du regard).

Les frontières disparaissent. Frontières entre la couleur et la lumière, entre les formes et les lignes, entre le réel et l’abstrait, entre le dedans et le dehors, entre le tableau et le monde. Marie Alloy écoute la “rumeur des lisières” (titre d’un tableau), à l’affût des signes (ces signes qu’elle priorise par rapport au sens, tout en conservant une trace fossile de ce dernier). […]    J-L Bernard

                                      

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Une lecture de CIEL DE PIERRE par Sabine Dewulf

Une lecture sensible de Sabine Dewulf (qu’elle soit ici chaleureusement remerciée) de mon livre CIEL DE PIERRE, à retrouver sur le site Terre à Ciel (merci à Cécile Guivarch de l’avoir publié) .

Marie Alloy, Ciel de pierre,                                                                                                                    éditions Les Lieux-Dits, collection « Jour & Nuit », 2022, 90 pages, 15 €.

Dans ce livre de poèmes où elle s’adresse à son frère défunt, Marie Alloy choisit presque toujours d’isoler le premier vers, comme s’il formait un titre, projetant son élan. Ce n’est peut-être pas tant la mort qui semble au centre du propos que l’urgence de formuler un message qui n’a pu s’exprimer du vivant de ce frère.

Les 27 poèmes se répartissent en cinq sections, dont la seconde, Ciel de pierre, donne son titre à l’ensemble, en reliant la tombe à l’air, la mort à l’au-delà. Non pas dans une perspective religieuse mais dans un espace qui abolit les frontières et rassemble les humains – vivants et morts : « Ce que nous portons au ciel / cette prière du bout des lèvres / ce signe de croix déserté / nous le rendons à l’humanité / il incarne la paix la trace / qui réconcilie la terre et le corps ». Ce qui domine, c’est une impression d’allègement fluide, en dépit du chagrin, et le désir de vivre mieux sur terre, dans le sillage de ce deuil.

la suite dans l’article en ligne.

Un recueil de 100 pages, 20,5 x 14,5 cm    ISBN : 978-2-918113-98                                              Prix d’un exemplaire : 15 € plus 3 € de frais de port.

Commandes : Merci de libeller votre chèque au nom de Germain Roesz. Envoi à l’adresse suivante : Les Lieux-Dits éditions, Germain Roesz, Zone d’Art, 2, rue du Rhin napoléon, 67000 STRASBOURG

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Vient de paraître “CIEL DE PIERRE”, poèmes de Marie Alloy, LES LIEUX-DITS EDITIONS

Les LIEUX-DITS EDITIONS, collection Jour & Nuit, ont le plaisir de vous annoncer la parution de “Ciel de pierre” poèmes de Marie Alloy,

un recueil de 100 pages, 20,5 x 14,5 cm    ISBN : 978-2-918113-98                                              Prix d’un exemplaire : 15 € plus 3 € de frais de port.

Commandes : Merci de libeller votre chèque au nom de Germain Roesz. Envoi à l’adresse suivante : Les Lieux-Dits éditions, Germain Roesz, Zone d’Art, 2, rue du Rhin napoléon, 67000 STRASBOURG

une note de lecture de Christophe Mahy sur Recours au poème

Extrait :

1.
Frère
l’empreinte persistante de ton visage
ta bouche ouverte    (juste un souffle)
Temps de silence dans ton corps
souffrant   sur les draps blancs
plongé   entre deux mondes

Je te regarde   séparé de ma présence
présent   vivant   encore   là
dans cette absence
je suis    près de toi   tu l’ignores
tout est opaque et blanc
ces linges   ces bandages
ta poitrine qui monte et descend
esquisse un râle
et tu es loin

Ce calme cette rive où peut-être déjà
tu accostes   tu as pénétré ses sables
Relais paternel    tu as engendré tes fils
à la racine   des générations
d’un même expir    d’un même inspir

Entre vouloir   et ne pas vouloir
ton corps n’a plus    ni faim   ni soif
seulement faim d’amour    à l’heure de l’acceptation
où tu consens    à perdre    sans recevoir

Tout mot serait illusoire     (je t’ai apporté mon silence)
mais je t’ai vu et regardé      dans ta mémoire
il me semblait qu’à l’intérieur de toi
tu effeuillais ta vie      ne niant rien
à vif dans le vrai      ton souffle fugitif
mais tu étais de l’autre côté de la lumière
et je t’ai pleuré

                je l’ai annoncé à notre mère”

Marie Alloy

 

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“Avec ou sans les mains”, poèmes de MICHEL LAMART, chez VOIX D’ENCRE

Vient de paraître (février 2022) des poèmes de Michel Lamart chez VOIX D’ENCRE

AVEC OU SANS LES MAINS

accompagné de 16 gravures rehaussées d’empreintes de Marie Alloy

Un beau recueil de 80 pages, au format 15 x 21 cm, imprimé sur papier Extraprint 160g

Prix à l’unité : 18 €, envoi franco de port. ISBN : 978-2-35128-193-2

Contact et commande avec son règlement par chèque, au nom des éditions :                            Editions Voix d’encre, 33 avenue St Didier, 36200 MONTELIMAR                                            BON DE COMMANDE ICI

Quelques images (eaux fortes et aquatintes de MARIE ALLOY) et extraits de poèmes :

   

N’oubliez jamais

Que nous disent                                                                                                    Positives ou négatives                                                                                              Ces mains                                                                                                                    Des hommes des cavernes ?

Elles signent                                                                                                                L’éternité éphémère                                                                                                  D’un séjour                                                                                                              Avant le vent                                                                                                              De l’Histoire

Elles esquissent                                                                                                          Le brouillon                                                                                                           Du grand livre                                                                                                       De l’Humanité

Elles impriment                                                                                                          Le mouvement immobile                                                                                        D’une avant-aube

Elles témoignent :                                                                                                  Nous étions là                                                                                                            Vingt mille ans

Avant que ne s’éveille                                                                                              Votre conscience                                                                                                        D’être au monde

Notre roman                                                                                                          Émerge du plus profond                                                                                          Il monte                                                                                                                    Jusqu’à vos yeux                                                                                                    Comme un rêve de pierre                                                                                      Qui oublierait ses larmes

N’oubliez jamais                                                                                                        Vous qui exaltez                                                                                                  L’étincelle de l’instant                                                                                              Que ces gestes anonymes                                                                                        Vers l’autre le frère                                                                                                    Sont clefs de l’Humanité

© Michel Lamart

© www.voix-dencre.net

4ème de couverture du livre :

« Quel siècle à mains ! » s’écrie le Rimbaud de « Mauvais sang » (Une Saison en enfer). Chez lui, le pied libère, la main asservit. Il faut choisir – preuve absolue de liberté libre – : « En marche ! » donc ! Rimbaud prétendait fuir l’enfer moderne. Faire plutôt que dire ! Exit la poésie. Il ne tardera pas à découvrir qu’il le porte en lui. L’autre en soi, son pire ennemi ?                                                                                           Les poèmes d’Avec ou sans les mains tentent de baliser un autre chemin buissonnier : celui de la réconciliation de l’homme avec soi-même pour restaurer un vivre-ensemble dont la poésie, en particulier, l’art, plus généralement, en seraient garants. Les mots ont encore un rôle à jouer : être soi-même. Le dire et le faire ne s’opposent pas forcément. Faire avec rien un tout. Noblesse de l’homme aux prises avec la tragi-comédie du vivre. L’humour rend ici sa politesse au désespoir. Poésie : la vraie vie ? “

© Michel Lamart

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