« témoigner qu’il y a un ailleurs », André Frénaud

détail « Le désordre du monde« , huile /toile, 116 x 73 cm, 2017

« S’il est vrai que la peinture ne trouve pas en elle-même sa propre fin, mais si demeurant fidèle aux moyens qui lui sont propres, elle est un des langages à la démesure de l’homme pour reconquérir le monde perdu, s’il ne s’agit pas seulement de nous aider à vivre ici, mais de témoigner qu’il y a un ailleurs, et même si l’on pense que cet ailleurs est de ce monde, qu’il est le monde même, cosmos et conscience (…), si l’on croit que la vie s’éclaire en des instants de dépassement et que de l’événement il est possible de rendre compte par l’art en quelque manière, on comprend que le peintre désire tenter, sans tellement de références à un sujet quelconque, de constituer des objets où il aurait capté et qui fasse rayonner pour lui et pour nous les rythmes du monde tels qu’il les a appréhendés… »

André Frénaud, Derrière le miroir, 1949

                   

   « L’écorce du paysage »                                  « La douleur »

huile/toile, 116 x 81 cm, 2017                       huile/toile, 116 x 81 cm, 2017

 

« La joie de cette vie » Henri Thomas

Quelques extraits de « La joie de cette vie » d’Henri Thomas, Le Chemin, nfr, Gallimard, accompagnés de peintures de Marie Alloy, réalisées début 2017.

« Écrire, pour moi ça a toujours été une déclaration d’amour à la vie, et quelquefois elle l’acceptait. »

   « Ondées » , huile sur toile, 116 x 81 cm, 2017

« Si l’homme avait parfaite connaissance de ce qu’il est, il serait aussi clos sur lui-même qu’un caillou, aussi parfaitement réuni à soi et à l’univers. »

« L’instant sensible », huile sur toile, 116 x 81 cm, 2017

« C’est depuis que le verbe croire, le mot croyant, la foi, etc, me sont devenus si suspects que je ne les emploie plus, que la présence de l’Autre m’est devenue sensible. Ce n’est pas une autre manière de croire; ce serait plutôt comme une manière d' »y être ».

« Strates du silence », huile sur toile, 116 x 81 cm, 2017

« J’avais le secret du plaisir à vivre – c’était par les petites choses, les moindres choses, celles où l’on n’ose pas voir l’immensité, – les œuvres du temps dont l’éternité est jalouse. « 

 

Cette lumière qui peint le monde

Éditions L’Herbe qui tremble, 25 rue Pradier, 75019 Paris   Contact pour commande : editions@lherbequitremble.fr

                

                      Quelques passeurs de lumière :

Joseph Mallord William Turner : L’issue solaire  – Pierre Bonnard : Une mosaïque d’ombres et de lumières –  Giorgio Morandi : Une ascèse lumineuse – Léon Zack : D’imprévisibles constellations –  Joseph Sima et Maria Helena Vieira da Silva : Un rayonnement intérieur  (les vitraux de l’église St Jacques de Reims) – Jacques Truphémus : La lumière de l’intime   Geneviève Asse : Des vies silencieuses au bleu des portes de lumière

Extraits :

« Rassembler les œuvres de ces peintres, (pour l’auteur Marie Alloy, elle-même peintre), c’est rendre visible leur fidélité à l’impression première, leur complicité devant la précarité des formes de la réalité, leur nécessité de s’en tenir à l’infini apprentissage des modulations de la couleur dans la lumière. C’est ouvrir des chemins de correspondances, des affinités essentielles, accueillir d’amicales et discrètes connivences, picturales autant qu’humaines.

L’espace est lumière. La lumière n’est pas un gouffre mais un baume qui se déploie sur les dernières figures du monde. Les coups de pinceau dévoilent ce fond du temps où s’impriment les couleurs de la nature, celles qui ont touché au réel puis se sont accomplies dans les gestes accordés à la seule peinture. Dans cette peinture minimale et l’énergie mise à cet extrême, un plaisir passe, une substance heureuse vibre, libre, vivante, apaisée. La surface blanche, en réserve, est devenue source de lumière. Elle se donne à voir comme la plus concrète des révélations en peinture, car si la lumière est impalpable, le peintre cherche à la dégager de la matière de ses couleurs pour que chaque teinte puisse rejoindre l’unité d’un rayonnement intérieur.

Fragilisée, notre humanité a besoin de la peinture qui augmente la vie en ne séparant plus le spirituel de la réalité. Elle est aussi, en tant qu’expression d’une vérité intérieure, ouverture sur l’infini, quête de connaissance, et de poésie. Le regard du peintre peut devenir le nôtre, en parcourant le chemin que propose chaque toile. Il s’agit d’attendre le moment où voir est vraiment recevoir, se donner à ce qui éclaire, s’éclairer à ce qui est, être soi-même lumière. »

Extraits d’une lettre de Jacques Truphémus :

«  Chère Marie Alloy,

Comment vous remercier pour le bel envoi que vous me faites… Son titre « Cette lumière qui peint le monde » se détachant sur la reproduction, si juste, me ravit au plus haut point. Je suis évidemment très touché du choix des peintres qui m’accompagnent. C’est beaucoup d’honneur pour moi d’être ainsi accueilli au sein de cette famille spirituelle dans laquelle je me reconnais…

Merci, un grand merci à vous pour ce cadeau que vous me faites. Le don d’écriture qui vous est propre vous permet d’exprimer, aidée en cela par cette approche de la pratique de la peinture et de la gravure… ! C’est tout ce qui fait l’unité et toutes les qualités si rares de ce beau livre.

Je crois à la valeur de tels témoignages, certain qu’il trouvera des échos favorables auprès d’amateurs et des peintres sensibles à cet univers, le nôtre… le vôtre… celui qui s’exprime dans le silence de l’atelier ! »

Jacques Truphémus, Lyon, le 5 mars 2017

 

 

Parution d’un livre de Marie Alloy et lecture rencontre

Vient de paraître:

Février 2017 : « Cette lumière qui peint le monde », écrits sur l’art.

   

éditions L’Herbe qui tremble.

Samedi 11 mars

dans l’auditorium de la Halle Saint-Pierre à Paris, à 15 heures, Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard, 75018 Paris. Métro Anvers ou Barbès-Rochechouart.

Venez rencontrer les poètes : Jean-Luc Despax pour son recueil Rousseau dort tranquille
et Claude Albarède pour Le dehors intime
Lectures suivies d’une rencontre avec les peintres  Marie Alloy et Denis Pouppeville qui ont accompagné leur poésie.

À cette occasion, Marie Alloy présentera Cette lumière qui peint le monde, un livre dans lequel, à travers l’analyse d’œuvres de peintres tels Turner, Bonnard, Jacques Truphémus ou Geneviève Asse, elle nous fait part de sa sensibilité.

Qui est Jeanne Champillou ?

Marie Alloy, en ce début novembre 2014, vient de recevoir à Orléans pour ses estampes exposées au Salon des Artistes Orléanais le prix de gravure Jeanne Champillou, il est donc légitime d’évoquer ici le parcours de cette artiste si attentive au monde rural du Loiret afin d’aider à la faire connaître. Une association Le Clos de Joye-Jeanne Champillou se charge de préserver et diffuser son œuvre.

Article extrait de wikipedia:

Jeanne Champillou

Jeanne Champillou est une artiste française autodidacte, peintre, graveur et céramiste, née à Saint-Jean-le-Blanc dans le Loiret, le 4 avril 1897, et morte à Orléans, le 22 mai 1978.

D’une famille de vignerons de l’Orléanais, du côté paternel, et d’artisans menuisiers tourangeaux, du côté maternel, Jeanne Champillou s’intéresse au dessin dès son enfance. Bonne musicienne, elle apprend le piano dans une pension tenue par des religieuses, puis à l’École de musique d’Orléans (l’actuel conservatoire). Ainsi pourra-t-elle vivre de leçons particulières de piano données à son domicile.

En 1916, elle est initiée à la gravure par Kralicek, un artiste d’origine tchèque blessé de guerre et, dans les années suivantes, elle se perfectionne avec un graveur solognot domicilié à Jouy-le-Potier, Maurice Bastide du Lude, qui lui apprend la technique de l’eau-forte dans son atelier au château du Lude en Sologne et met sa presse à sa disposition. Pendant les années 19201930, elle parcourt à bicyclette les campagnes orléanaises, réalisant des portraits de paysans et des scènes de moisson ou de vendange. Elle expose régulièrement à Orléans et gravera, au cours de sa vie, plus de 400 planches.

En 1947, elle se lance dans la céramique, à laquelle elle consacre désormais l’essentiel de son temps. Néanmoins, elle décore également des chapelles ou églises orléanaises (chapelle des Blossières, Notre-Dame-des-Miracles et Saint-Paul). Elle est l’auteur d’une céramique représentant Jeanne d’Arc dans l’église Saint-Étienne de Jargeau.

La plupart des œuvres de Jeanne Champillou sont conservées à Orléans. Certaines, cependant, appartiennent à des musées de Paris, Chartres et Milan.

Sources

  • Jeanne Champillou. L’œuvre gravé. Le Clos de Joye-Jeanne Champillou, s. l. [Orléans], 1994
  • Jeanne-Champillou et son atelier

    Françoise Jouanneaux, « Jeanne Champillou », Parcours du patrimoine, 2012 ( extraits du journal de Jeanne Champillou en ligne, document de témoignage exceptionnel